QUELLE AMBITIONÂ ! CHANT ROYAL (CLASSIQUE)
En l'an moins cent, un vaste territoire
Au Nord-Ouest, assemble les Gaulois
Que les Romains jugent peuple barbare.
Soixante états, différents par leurs lois :
Gaule aquitaine et celtique et Belgique.
Chacun des chefs, loin d'être pacifique,
N'est tolérant que pour se protéger
En s'unissant contre tout étranger,
Surtout César et son armée romaine
Dont l'appétit représente un danger…
C'était épique, en ma Gaule lointaine !
Julius Caesar aimerait laisser croire,
Autant d'ailleurs que pharaons et roi,
Qu'il est divin ; son destin, c'est la gloire !
Certains Gaulois comptent parmi ses proies :
Les Narbonnais sont inclus dans sa clique ;
Les Cisalpins ont appris sa musique.
Indépendants, le cœur encor léger,
Les trois autres acceptent d'échanger,
De commercer avec Rome sans gêne
Mais la prudence est à envisager…
C'était épique, en ma Gaule lointaine !
En cinquante-sept, un souci se prépare :
César installe un campement sournois,
Proche de nous, signe prémonitoire !
Après l'hiver, Loup sortira du bois !
Sus aux Romains ! Mon peuple magnifique
Lance l'assaut qui sera terrifique.
Dans le vallon du Sabis saccagé,
Quelle hécatombe en ce camp dérangé !
César lui-même a cru sa mort certaine.
"Ces Belges braves", il doit les louanger…
C'était épique, en ma Gaule lointaine !
Son compliment, gravé dans notre Histoire
Pour les Romains, renforcera leur foi
En leur Consul, rescapé du déboire.
Trois ans plus tard, Ambiorix conçoit
Habilement le plan diabolique
D'éradiquer une légion nordique.
Notre Eburon l'a très bien dirigé.
Le bataillon naïf est égorgé.
Mais la tribu périra de la haine
Du grand vaincu pressé de se venger…
C'était épique, en ma Gaule lointaine !
Plus d'Eburons ! Poursuivi dare-dare,
Ambiorix a fui, en Germanie, je crois.
Après deux ans, un Arverne notoire, *
Bien épaulé en Gaule et sûr de soi,
Trahit César, contraint par sa tactique
De reculer vers le Sud sans réplique.
Dans Alésia, le Romain retranché
Mène travaux, finira par piéger
Tous ces Gaulois et leur beau capitaine.
Là , les Latins pourront emménager !...
C'était épique, en ma Gaule lointaine !
ENVOI
Vaillants aïeux, valeureux assiégés,
Accaparés par César outragé,
Vous n'étiez pas la peuplade vilaine
Que dépeignaient des récits arrangés…
C'était épique, en ma Gaule lointaine !
* Vercingétorix, nom de 5 syllabes, impossible à caser dans un Chant Royal, à moins d'avoir une rime en "ix" ! Chaque vers doit compter 4 syllabes (pieds), suivies de 6 = 10 pieds, la césure venant après le 4e pied.
RAPPEL HISTORIQUE ET LEXIQUE :
Les Belges étaient en Gaule à la fin du IIe s. av. J-C ; ils avaient donc résisté vaillamment et efficacement aux Cimbres et aux Teutons, installés sur les bords de la Baltique.
Alesia : Alise-Sainte-Reine (Bourgogne, Côte d'Or) plus près de Montbard que de Dijon.
Avaricum puis Bituriges : l'actuelle Bourges.
Lugdunum : l'actuelle Lyon.
Le Sabis : probablement la Sambre, en fin de compte.
Les Vénètes (Vannes) : actuel Morbihan (peuple de Gaule celtique)
Les Cadurques : habitant l'actuelle région de Cahors.
Les Bellovaques : habitant l'actuelle région de Beauvais.
Les Médiomatriques : Gaulois belgiques de la Moselle. (belgique est alors un adj.)
Les Nerviens : puissant peuple belge du N-E de la Gaule, dont la capitale est Bavay (Bagacum). A l'époque romaine, ils se trouvaient à l'est de l'Escaut (Scaldis : rivière brillante), ainsi séparés des Atrébates et des Ménapiens.
Camille MALCOTTE-GEHENOT |  |
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