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L'ÉTERNUEMENT
Il faudrait élever
Un monument
À celui qui a inventé
L'éternuement.
Devant lui, nous sommes tous égaux.
Faibles ou puissants,
Malades ou bien-portants,
Maigres ou gros.
C'est un grand niveleur,
Un grand égalisateur.
Pour démocratiser il s'y entend.
Seule la mort en fait autant.
Frappé de ce symptôme bénin,
Le plus éminent académicien,
Lancé dans un docte discours,
Va en interrompre le cours.
Sa bouche s'ouvre, son nez se plisse.
Il a le regard fixe, l'œil hébété.
Il attend l'explosion salvatrice.
Souvent elle tarde à arriver.
On se demande à est passée
Cette intelligence brillante,
L'instant d'avant si percutante.
Croyez-moi, dans ces moments-là ,
La reine Elisabeth
Semble bien bête.
Le pape François
À l'air d'une oie.
Atchoum ! N'espérez pas
Vous en tirer comme ça.
Les éternuements vont par trois.
Atchoum ! Atchoum !
Vous voilà au bout du compte.
Et si, d'aventure, vous mâchouillez
Un loukoum,
Vous risquez de l'expulser,
À votre grande honte.
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